Questionnez autour d'un verre la plupart des politiciens et ils vous répondront quelque chose qui ressemble à : « ça pas d’allure les subventions qu’on donne aux entreprises au Québec ».
Pour la plupart, ça va être parce qu’on ne donne pas aux bonnes entreprises (Salut les péquistes et les MAGA-Bros, vous êtes fondamentalement les mêmes personnes). Pour d’autres, ça va être parce que les subventions aux entreprises sont le symptôme inévitable du capitalisme – sans réaliser qu’on parle en fait ici de capitalisme de connivence. Alors que pour une faible minorité, les subventions aux entreprises sont une distorsion du marché qui altère négativement, et de façon permanente, la trajectoire économique.
Comment est-ce possible? Parce qu’on taxe d’autres entreprises profitables pour attirer les bonnes grâces d’un autre groupe d’intérêt. Parce qu’ultimement c’est ça : une façon de faire plaisir à une clientèle politique, un lobby, un secteur qui menace de s’exiler ailleurs si on ne lui roule pas le tapis rouge.
Et comme toujours, on finit par raconter une belle histoire pour justifier le tout : « C’est stratégique », « ça va créer des emplois de qualité », « on investit dans l’avenir ». Mais la réalité, c’est que l’avenir qu’on prépare, c’est un Québec où l’innovation dépend des relations politiques, pas du génie entrepreneurial. Un Québec où un bon projet mal branché crève, pendant qu’un projet médiocre mais bien connecté prospère.
Le pire? C’est qu’on sait tous que ça ne marche pas. Chaque gouvernement, sans exception, arrive en disant qu’il faut revoir le modèle. Chaque ministre de l’Économie a déjà fait un discours sur les « subventions mal ciblées ». Et pourtant, quand vient le temps de trancher, la tentation est trop forte. Distribuer de l’argent, c’est rapide, ça fait des conférences de presse sexy, ça donne l’impression d’agir. Alors on répète la pièce, encore et encore, en espérant que cette fois-ci, l’argent public va miraculeusement générer de la prospérité durable.
Sauf qu’une économie, ce n’est pas un décor de théâtre qu’on monte en plantant quelques clous dorés. C’est un organisme vivant, un ordre spontanée. Et chaque fois qu’on le dope artificiellement avec une injection de fonds publics, on altère son équilibre naturel. Le résultat, c’est une économie dépendante, fragile, habituée à tendre la main au lieu de se battre dans l’arène mondiale.
La vraie audace politique, ce serait de dire non. De laisser les entrepreneurs se tromper, se relever, réessayer. De laisser le capital s’allouer là où il est le plus productif, et non là où il est politiquement rentable. Mais ça, c’est difficile. Ça ne donne pas de ruban à couper, pas de « méga-usine verte » annoncée en grande pompe (Salut Northvolt).
Alors, on continue. On taxe, on redistribue, on entretient l’illusion qu’on « pilote » l’économie. Et on s’étonne ensuite que notre croissance stagne, que nos jeunes talents s’exilent et que nos champions locaux n’arrivent jamais à franchir la ligne d’arrivée. Tout ça en pronant l'achat local. Quelle ironie.
En réalité, le Québec n’a pas un problème de manque de ressources. Il a un problème de discipline politique. Et tant qu’on n’aura pas le courage de rompre avec le réflexe du dirigisme, on va continuer de s’offrir le luxe d’être pauvres.
La solution, ça passe par l'abolition du ministère du dirigisme économique et de la planification centrale que l'on appelle poliment “Ministère de l'économie”.
